Qu’en pensez-vous ? http://www.libelyon.fr/info/2009/04/asile-au-bout-d.html

Tchétchènes ingouches, Timur (34 ans) et Madina (24 ans) viennent d’obtenir le statut de réfugiés politiques.
Après trois années de procédures, quatre semaines de rétention, et une tentative d’expulsion.
Rescapés de l’asile, ils ont été cachés grâce à un réseau qui leur a fourni des hébergements, du travail, du soutien.

A Lyon puis dans un village de la région Rhône-Alpes, des citoyens de milieux sociaux différents se sont relayés. Pas tous militants, ils ont choisi de se mettre hors la loi car ils considéraient que cette famille-là devait rester en France…

LA RÉTENTION

Timur et Madina vivaient en Tchétchénie, à Grozny, qu’ils ont quittée en juin 2006 avec leur petit garçon.
Une voisine les avait prévenus avant l’arrivée de la police. Timur était recherché «pour raisons politiques».

Ils sont partis en voiture, puis ont traversé l’Europe en amion.
«Arrivés à Paris, raconte Madina, nous sommes allés dans un commissariat, j’ai expliqué qu’on voulait l’asile. La policière nous a regardés avec des grands yeux.»
Elle les a orientés vers la préfecture, où ils ont fait leur première demande.

Ils ont alors été logés dans un CADA (centre d’accueil pour demandeurs d’asile).
Puis lorsque la requête et l’appel ont été rejetés, ils se sont retrouvés à la rue. Le 115 ne voulait plus les prendre, les services sociaux ne pouvaient plus rien.
Ils ont tenté leur chance en Belgique : retour en France.

Puis sous une fausse identité, dans une petite ville du Massif central. Leurs empreintes les ont alors trahis.
Un matin, des policiers sont venus les chercher à l’adresse qu’ils avaient donnée pour leur dossier.
«Les policiers étaient très gentils, dit la mère. Ils m’ont laissé acheter des bonbons dans un magasin, pour le voyage.»
Il fallait rallier le centre de rétention de Saint-Exupéry, près de Lyon. La voiture s’est arrêtée plusieurs fois, pour que les enfants (1 et 3 ans) vomissent les bonbons sur le bord de la route.
«Je leur disais que j’étais désolée, rigole Madina. Ils répondaient qu’ils étaient désolés de nous arrêter.»

La famille subit alors vingt-huit jours de rétention. Ils ne connaissent personne à Lyon, mais le Réseau éducation sans frontière (RESF) lance un appel afin que des militants se relaient pour leur rendre visite, les distraire.

Pierre-Alain Muet, député socialiste de Lyon et ancien conseiller de Lionel Jospin à Matignon, vient également.
«C’est une rencontre qui m’a beaucoup marqué, dit-il. Une famille attachante. Je garde le souvenir des deux enfants qui jouaient dans une aire de jeu entourée de barbelés.»

Au bout de quatre semaines, l’avocate de la famille, Céline Proust, parvient à les faire libérer, en jouant sur le délai de transfert, trop long, entre le Massif central et Lyon, ce qui les avait empêchés d’exercer leurs droits à temps.

«Deux familles ont réussi à sortir comme cela, explique-t-elle. Du coup, les policiers font maintenant signer une fiche aux personnes qu’ils arrêtent, pour qu’ils renoncent à exercer leurs droits avant leur arrivée en rétention.»

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